ni en tus peores pesadillas


Lo peor son las puertas que se van cerrando detrás tuyo. El sonido de los cerrojos que se cierran a tu paso. Ese laberinto que se va formando mientras caminás para llegar a tu lugar de trabajo. Te cruzás con personas a las que no mirás. Son solo uniformes que se desplazan y rara vez responden tu saludo. Te sentís insegura. Como si algo te faltara. Como si no pudieras pedir ayuda. Como si cada puerta que se cierra fuera una posibilidad menos de escapar. Acaso la sensación será similar a la que el Dante le dio a sus círculos del infierno. Acá no son círculos, son pasillos interminables, cuyas puertas se cierran después de que las atravesás. No hay vuelta atrás. No hay lugar para los débiles aquí. Quienes no tienen la fortaleza de seguir, pierden la chance de salir.
Pensás en el calor de tu hogar, en las manos pequeñas de tu hija. En los cuadros que adornan tus paredes, en las risas de los amigos. Y te preguntás qué te hace venir a este lugar.
Caminás con la mirada hacia el piso. Tus zapatos están sucios, llenos de tierra. Tuviste que caminar cuatro cuadras sin asfaltar para llegar. El jardín compensa la desolación y el cúmulo de sensaciones negativas. Virreinas. Por doquier. Nunca imaginaste hacer este recorrido nefasto. Ni en tus peores pesadillas.
Seguís caminando lentamente, con uniformes y miradas penetrantes que pasan a tu lado y que decidís omitir.
Hasta que ves su sonrisa esperándote (eso te gusta pensar: que te espera. Sabe que vas a venir y cuenta los minutos para verte llegar). Recién entonces entendés porqué venís al infierno dos veces por semana.
 
« Pas même dans tes pires cauchemars »

Le pire, ce sont les portes qui se referment derrière toi. Le bruit des serrures que l'on verrouille après ton passage. Ce labyrinthe qui se forme tandis que tu te diriges vers ton lieu de travail. Tu croises des gens que tu ne regardes pas. Ce ne sont que des uniformes qui se déplacent et répondent rarement lorsque tu les salues. Tu ne te sens pas en sécurité. Comme si quelque chose te manquait. Comme si tu ne pouvais pas demander de l'aide. Comme si chaque porte se fermant était une possibilité en moins de s'échapper. Peut-être une sensation similaire à celle que Dante attribua à ses fameux cercles de l'enfer. Là, il ne s'agit pas de cercles, mais de couloirs interminables, dont les portes se ferment une fois qu'on les a franchies. Il n'y a pas de marche arrière. Ici, il n'y a pas de place pour les faibles. Ceux qui n'ont pas la force de continuer perdent leur chance de sortir.
Tu penses à la chaleur de ton foyer, aux petites mains de ta fille. Aux cadres qui ornent tes murs, aux rires de tes amis. Et tu te demandes ce qui te fait venir à cet endroit.
Tu avances en regardant par terre. Tes chaussures sont sales, couvertes de boue. Tu as dû marcher sur quatre pâtés de maisons, dans des rues non pavées, pour y arriver. Le jardin compense la désolation et la somme des sensations négatives. Des soucis. Partout. Tu n'aurais jamais imaginé suivre ce parcours néfaste. Pas même dans tes pires cauchemars.
Tu continues lentement ta progression, des uniformes et des regards défilant à tes côtés ; tu décides de les ignorer.
Jusqu'à ce que tu aperçoives son sourire qui t'attend (tu aimes te dire ça : qu'on t'attend. Qu'on sait que tu vas venir et que l'on compte les minutes avant que tu arrives). Alors tu comprends pourquoi tu te rends en enfer deux fois par semaine.

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